Cela fait déjà quelques années que « Horror Labs » figurait sur notre liste de visites. Après de longues discussions et contre l’envie de chacun, nous avons choisi un lundi, pour ne pas risquer d’arriver trop tard ou de trouver le lieu fermé.
Si possible, je préfère sortir les jours où les autres travaillent : c’est un avantage des horaires irréguliers. Nous avions prévu d’arriver vers dix heures à Anderlecht, une commune de Bruxelles. Malheureusement, le programme a changé : les routes étaient chargées de bonne heure, et la situation empirait à l’approche de Bruxelles. TomTom nous a rapidement fait quitter l’autoroute, mais les routes rouges se multipliaient à l’écran et nous nous sommes retrouvés bloqués dans un coin perdu. On aurait dit que toute l’Europe se rendait à Bruxelles parce qu’on y distribuait de l’argent gratuitement.
Finalement, nous n’avons atteint la périphérie de Bruxelles que vers midi. Heureusement, j’ai pu garer la voiture près du lieu peu après. Les citadins sont délicieusement indifférents : bien moins de choses les étonnent que lorsque quatre personnes traversent un village presque désert. En ville, on se fond agréablement dans la foule, me disais-je. Mais en tournant le coin et en voyant pour la première fois la clôture qui nous séparait du lieu, nous avons compris qu’il ne serait pas possible de l’escalader. Nous savions qu’il y avait encore de l’activité sur le terrain, mais ignorions si, et dans quelle mesure, on se souciait d’idiots entrant dans un vieux bâtiment avec appareils photo et trépieds.
Après un moment devant le portail fermé, nous avons poursuivi notre recherche d’un accès au bâtiment. L’autre passage que nous connaissions, par une fenêtre de cave, avait été condamné. Alors que nous repartions, nous avons vu une voiture mettre son clignotant, apparemment pour entrer sur le terrain. Nous avons aussitôt tenté notre chance. J’ai vu le conducteur ouvrir le portail avec une télécommande. Après le passage de la voiture, nous nous sommes glissés à notre tour et avons marché directement vers le bâtiment recherché. Nous avons vite pu entrer et pris un moment pour écouter si quelqu’un se trouvait à l’intérieur. Appareils sortis et fixés aux trépieds, lampes frontales en place, nous avons pris la direction de l’escalier de la cave.
Une fois au sous-sol, il ne restait guère du bel intérieur. C’était un long couloir sombre bordé de petites pièces. Nous savions ce que nous cherchions et quelqu’un a vite trouvé la bonne salle. Un spectacle étrange : des animaux de compagnie et des organes d’animaux, tous conservés dans du liquide, dans de vieux récipients en verre sur des étagères de bois branlantes.

Cave sombre avec un spécimen animal conservé dans un bocal

La pièce était plongée dans le noir. La seule lumière passait par une fenêtre de cave partiellement couverte d’une planche. Elle suffisait juste à éclairer un beau récipient en verre contenant un organe animal. La salle était en réalité trop petite pour travailler correctement avec un trépied et certainement inadaptée à plusieurs photographes à la fois. Mais, comme souvent, quelques personnes de trop installent tout de même leur trépied et commencent à photographier.
Voici une vue de la cave telle que je l’ai photographiée :

Étagères en bois remplies de bocaux de préparations anatomiques
Bocaux de spécimens sur des étagères de bois poussiéreuses
Grand spécimen animal dans un haut bocal de liquide jaune
Spécimen animal conservé dans un récipient rectangulaire en verre ouvert
Mur d'étagères en bois avec de nombreux bocaux de spécimens
Spécimen animal sombre au-dessus d'un récipient en verre dans la cave
Table et étagères avec bocaux épars et préparations anatomiques

Lorsqu’on s’intéresse aux lieux anciens et abandonnés, on arrive parfois dans des endroits étranges. Mais entre des récipients contenant des animaux morts ou des parties animales, mieux vaut ne pas imaginer une étagère qui s’écroule…
La cave de l’École vétérinaire, nom officiel du lieu, n’était pas représentative du reste du bâtiment.
Construit entre 1903 et 1905, l’édifice est en grande partie de style néo-Renaissance flamande. Les façades sont en pierre blanche d’Euville et en brique. Selon la visibilité des pierres, elles possèdent un soubassement en pierre bleue. Le complexe étant bâti dans un terrain marécageux près de la Senne, il est entièrement pourvu de caves, reliées entre elles par un réseau de couloirs.

Ancienne balance devant une cheminée en marbre sombre près d'une chaise
Livre ouvert sur une table haute près d'une chaise contre un mur vert
Escalier de pierre à rampe métallique ouvragée sous une fenêtre
Armoire vitrée en bois dans un hall aux portes doubles ouvertes
Petits flacons et tubes en verre sur un appui de fenêtre
Livre ouvert et trois flacons en verre sur un bureau poussiéreux
Ancien instrument de mesure dans une armoire métallique ouverte
Photo en noir et blanc de chaises sous une plaque murale dans une haute pièce
Bocaux en verre et crâne sur une étagère de bois
Rangées de chaises parmi les débris dans une salle décorée
Vue de la scène sur les chaises et les murs abîmés de la salle
Long hall avec portes ouvertes et armoire vitrée en bois

Après la visite, nous nous sommes retrouvés devant le portail, toujours aussi haut qu’avant notre entrée. En nous glissant à l’intérieur, nous savions que nous aurions deux choix pour ressortir : escalader ou attendre. La première solution n’étant pas la plus évidente, nous avons décidé d’attendre une éventuelle voiture entrant ou sortant du terrain.
Notre attente a été récompensée : un peu moins de dix minutes plus tard, une voiture s’est présentée. Nous étions prêts dans les buissons à nous faufiler dehors à son passage. Dès que le portail a été suffisamment ouvert, la voiture est entrée, et nous avons pu quitter tranquillement les lieux pour nous rendre ailleurs.